NANTES
Les relations entre Nantes
et l'Amérique étaient déjà fort anciennes lorsque les premiers Acadiens
y débarquèrent vers 1758.
C'est alors l'époque de la plus grande prospérité de la cité où règnent
des armateurs enrichis par le commerce maritime et la traite des noirs.
Depuis le XVIe siècle, Nantes est le port le plus actif de tous ceux
qui font le transport des « pièces d'Inde » du Congo et du Sénégal,
vers l'Amérique, les Antilles, Saint-Domingue, la Louisiane et la Guyane,
apportant à la cité la plus grande richesse. D'orgueilleux immeubles
remplacent les demeures médiévales, l'activité du port est incessante,
le négoce y est florissant et sur les quais toutes les races du monde
se croisent, s'affairent et trafiquent.
Les premiers Acadiens arrivés vinrent directement de l'île Royale après
la seconde chute de Louisbourg, et de l'île Saint-Jean. Des voyageurs
réfugiés, isolés, militaires ou marins, venant de l'ancienne Nouvelle-France,
débarquèrent parfois de quelques navires, comme les Deux-Amis, en décembre
1765, en provenance des îles Saint-Pierre-et-Miquelon.
Ce fut après
l'échec de la colonie du Poitou, à partir du mois d'octobre 1775, jusqu'en
mars de l'année suivante que Nantes devint soudain la capitale des Acadiens
de France. Près de mille quatre cents personnes, quittant les paroisses
d'Archigny, de La Puye et de Cenan, embarquèrent à Châtellerault pour
descendre la Vienne et la Loire jusqu'à Nantes. Mais à ces familles
vont bientôt se joindre beaucoup d'autres, venues de Saint-Malo, de
Cherbourg, du Havre et de Belle-Ile, qui vont se regrouper dans l'espoir
de partir un jour pour l'Amérique.
A Nantes, ces familles vont rester dix années. Elles vont s'y s'installer
« provisoirement » sans savoir combien de temps durerait cette situation,
mais espérant certainement qu'elle finirait très vite. Au
moment de la présence acadienne, Nantes
compte 13 paroisses, des chapelles, de nombreux couvents et deux séminaires.
Parmi ces paroisses, celle de Saint-Léonard retient particulièrement
notre attention. C'est en ce lieu que seront célébrées, le 30 septembre
1772, les obsèques de l'Abbé Le Loutre qui, après avoir été prêtre
et homme de guerre en Acadie, sera, de retour en France, l'avocat infatigable
de la cause acadienne auprès des autorités royales. C'est dans le cimetière
de cette église qu'il est enterré.
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