Quels sont les moyens d'existence des Acadiens ?
Et la vie des Acadiens
à Nantes, durant une décennie, va suivre son cours quotidien. En dix ans
sont célébrés 99 mariages, fêtées 456 naissances et pleurés 463 décès.
Tout au long de leur séjour en France, les Acadiens auront beaucoup de
mal à subsister, en tout cas ceux qui n'auront pas de travail, et ce seront
les plus nombreux ! Certains contractent des dettes difficiles à rembourser.
A leur arrivée en France, Louis XV qui leur portait beaucoup d'intérêt,
leur avait accordé une solde de 6 sols par jour et par personne «y compris
pour les nouveaux-nés». C'était l'équivalent de la solde versée aux militaires
en activité.
Hélas, dans ces
années-là, la solde est souvent versée avec beaucoup de retard, provoquant
dans la communauté acadienne de vives réactions, bien compréhensibles,
allant jusqu'aux pétitions envers les rninistres concernés. À son accession
au trône, Louis XVI «hérite» du problème acadien. Il ne s'y intéresse
pas de la même manière que son prédécesseur et considère même les Acadiens
comme des étrangers. Ceux-ci représentent une lourde charge pour le Trésor
Royal.
Aussi, à partir
du ler janvier 1778, est-il décidé de diminuer la solde à 3 sols par jour
et par personne, mettant les familles encore plus en difficulté, et ce
d'autant qu'au fil des années, les retards de paiement s'accumulent, atteignant
jusqu'à neuf années pour certains, au moment du départ en Louisiane.
Jusqu'au dernier
moment, les royaumes de France et d'Espagne se renvoient le soin de verser
aux Acadiens la solde échue pour les six derniers mois de l'année 1784.
Finalement, Louis XVI cède, à cause des interventions bienveillantes du
comte d'Aranda et de l'Intendant de Bretagne, Bertrand de Molleville,
à qui les Acadiens doivent
beaucoup.
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