Plusieurs projets d'installation voient le jour
ou réapparaissent.
Même les
Anglais et les Espagnols font des offres aux Acadiens, par des émissaires,
tellement cette population laborieuse et qui a fait ses preuves en Acadie,
leur paraît intéressante !
L'abbé Le Loutre
les encourage à partir en Louisiane ; cette Louisiane dans laquelle ils
ont déjà une partie de leur parenté et qui sera sans cesse présente à
leur esprit au moment de prendre des décisions sur leur avenir.
Le gouvernement
s'émeut de cet état de chose, et le Roi Louis XV lui-même s'étonne, lors
de l'un de ses conseils, que la question acadienne ne soit pas encore
résolue. Il insiste pour voir les familles acadiennes «attachées à la
glèbe» - c'est-à-dire intégrées au sein de la paysannerie française, sans
statut particulier -.
Sans plus tarder.
Le Ministre Bertin recherche activement des terres pour une installation
définitive et pense à celles que possède le marquis Pérusse des Cars,
grand seigneur poitevin, à Monthoiron, à proximité de Châtellerault. Il
est vrai que le marquis Pérusse des Cars, invalide de guerre, s'est fait
connaître pour avoir défriché dans son nouveau domaine, de grandes étendues
à l'abandon depuis longtemps et couvertes de brandes. Il a fait venir
des colons allemands, s'est endetté pour cette oeuvre et a créé un haras.
Il est, en quelque sorte, l'exemple à suivre pour mettre des terres incultes
en valeur. Il a aussi besoin d'une main-d'oeuvre abondante pour poursuivre
ses réalisations.
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