LES COLONIES ANGLAISES - Le 27 octobre 1755, vingt-quatre
navires surchargés d'émigrés acadiens quittent la baie Française. A la
latitude du Cap-Sable, le convoi est pris dans une tempête tellement importante
que six navires subissent des avaries et doivent relâcher à la première
escale possible. Charles Lawrence avait adressé le 11 août une longue
missive à tous les gouverneurs des colonies anglaises susceptibles de
recevoir une « cargaison » de Français catholiques et acadiens : trois
défauts capitaux pour la plupart des dirigeants de ces colonies anglaises
presbytériennes. Ces messages confiés à divers capitaines de navires étaient-ils
parvenus à destination ? Certains manifestent une grande surprise à l'arrivée
de ces pauvres gens, deguenillés, démunis, perdus, et une
vive colère envers Lawrence, qui leur impose une charge imprévue
et considérable. Dans son message, Lawrence explique la situation et semble s'excuser : «les Acadiens pourront être utiles, car le plus grand nombre de ces habitants sont forts et jouissent d'une excellente santé » ; fait appel à la solidarité : « Je n'ai pas le moindre doute que Votre Excellence nous donnera son concours, qu'Elle recevra les habitants que je lui envoie maintenant et que, suivant notre désir, Elle prendra les moyens de les installer de manière qu'ils ne puissent se regrouper... » et termine par une recommandation pratique et économique : « Les vaisseaux employés au transport étant loués au mois, je vous prie de les retenir le moins longtemps possible... ».
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