Le Poitou (1773 -1776)
Le projet de Bertin semble
cadrer avec celui du marquis : on pourra installer des laboureurs sur
30 arpents pour chacun, en leur construisant des bâtiments d'habitation
et d'exploitation, et en leur donnant un cheptel. Il est envisagé de confier
à Sarcey de Sutières, l'un des meilleurs agronomes de son temps, la direction
de ce nouvel établissement. Un projet de création d'une école d'agriculture
est aussi élaboré puisque le dit Sarcey de Sutières est déjà directeur
de l'école royale du même nom, qui existe à Annel, près de Compiègne.
C'est l'occasion rêvée de mettre en pratique dans cette région une nouvelle
expérience physiocratique, bien dans l'air du temps de ce XVIlle siècle.
Le gouvernement encourage, lui aussi, ces expériences tendant à rénover
les méthodes agricoles surrannées de la paysannerie française. On promet
aux Acadiens, s'ils acceptent, de poursuivre le paiement de leur solde
pendant 6 ans. Une délégation de trois Acadiens se rend sur place et consulte
les paysans locaux. Ce qu'ils en apprennent les décourage de donner suite
à cette proposition. Les paysans vivent de manière frugale - soupe de
pain pour nourriture de base et peu de vin -, dans une grande pauvreté,
pratiquent le braconnage et labourent avec des boeufs. Ils augmentent
leurs maigres revenus en vendant à Châtellerault du charbon de bois produit
avec des «cosses» de brande.
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