La Rocque, seigneur de Roberval
Par
la commission du 15 janvier 1542, François 1er décide d'envoyer
"bon nombre de gentishommes et autres tant gens de guerre que popullaire
de chacun sexe et arts liberaulx et mecaniques". Roberval devra "construire
et edifier villes et fortz, temples et églises... établir
des lois et des officiers de police..."(1)
Roberval, qui
n'avait pu partir avec Jacques Cartier l'année précédente,
équipe trois voiliers, dont le pilote est d'Alphonse de
Saintonge. Le 16 avril 1542, les trois navires, qui conduisent au pays
nouveau plus de deux cents personnes "tant hommes que femmes et diverses
gentilshommes de qualité", quittent le port de La Rochelle.
Le 8 juin, ils relâchent au port de Saint-Jean de Terre-Neuve, où
il y a déjà dix-sept navires de pêcheurs.
Vers la mi-juin,
Cartier arrive à Saint-Jean "Après avoir rendu ses
devoirs au général, il lui dit qu'il rapportait des diamants
et une certaine quantité d'or trouvé au Canada. Le samedi
suivant, nous fîmes l'expertise du minerai dans une fournaise et
il fut trouvé bon.". Cartier explique son départ de
la colonie. Roberval lui demande de revenir avec lui, mais au cours de
la nuit suivante, Cartier s'enfuit.
Roberval
refait le plein d'eau et de bois puis quitte Saint-Jean le 30 juin, remonte
le Saint-Laurent et un mois plus tard , atteint la région de Cap
Rouge. Ses navires, sur lesquels se retrouvent Marc Jalobert et sans doute
Etienne Noël, débarquent à Charlesbourg-Royal un mois
plus tard.
Deux forts sont construits, un au sommet de la montagne qui comprend
"deux corps de logis, une grosse tour et une autre de 40 à
50 pieds de long où il y avait diverses chambres, une salle, une
cuisine, des chambres d'office, des celliers hauts et bas et proches de
ces dernières ; il y avait aussi un four et des moulins, ainsi
qu'un poêle pour y chauffer les gens". Sur la rivage, les bâtiments
sont constitués d'une tour à deux étages "avec
deux bons corps de logis".
En août,
chacun s'occupe selon son métier. Le 14 septembre, deux des navires
font voile vers la France. Ils devront revenir l'année suivante
avec des vivres.
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