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Ce sont donc huit personnes
qui prennent place à l'intérieur du véhicule, les trois postillons et
le domestique voyageant sans doute sur l'attelage ou sur le siège extérieur.
M. Roger et M. Clartière ne vont pas au-delà d'Ancenis et de là regagnent
Nantes. M. d'Espivent est peu loquace sur le type de la voiture utilisée
: il nous parle de «Ia voiture lente qui nous conduisit au grandvillage»
-ainsi nomme-t-il Paris- et plus loin «d'un carrosse». Nous ne savons pas si
la voiture est la propriété de la famille Montaudouin ou si elle a été
louée. Peu de détails également sur l'attelage qui tire le convoi. Les
chevaux semblent retenus à la messagerie. C'est ce qui se passe, en tout
cas, à l'étape d'Angers. En 1771, il n'est pas encore possible d'utiliser
les chevaux de poste dans les relais, pour atteler les diligences. La
décision est prise par Turgot en 1776. Aussi notre conteur doit faire
erreur lorsqu'il nous affirme le jour du départ de Nantes : «Nous courûmes
la poste jusqu'à la dînée». -entendez le déjeuner-à Oudon, On voit mal
une voiture si chargée tenir le galop. Une malle-poste à l'époque, n'accepte
qu'un ou deux voyageurs, afin de ne pas réduire sa vitesse. D'ailleurs
il ajoute «nous parcourions chaque jour dix lieues au plus», soit une
quarantaine de nos kilomètres. Partis de Nantes le 18 février, les voyageurs arrivent à destination le 26 du même mois. Ceci correspond tout à fait aux délais de route des voitures publiques coches ou carrosses décrits dans l'«Indicateur Fidèle» de Michel et Desnos. Huit à neuf jours sont nécessaires pour accomplir le trajet. Et n'oublions pas que ce voyage a lieu en plein hiver ; les jours sont courts et une partie du parcours s'effectue quotidiennement de nuit. Heureusement, il n'y a pas d'intempéries particulières à cette date. Le beau temps est de la partie sauf à partir de Ponchartrain et Versailles où il pleut.
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