Acadie

ACCUEIL

Histoire
La vie en Acadie
Généalogie
Traditions

La vie en Acadie

D'après "Acadie et Acadiens" par le Dr Edmond Descottes - paru dans les Annales de la Société Historique e t Archéologique de Saont-Malo - Année 1960 p. 118 à 136.

L'Acadie était un pays rêvé, ses ressources inépuisables, la proximité de Terre-Neuve, où les pêcheurs bretons et basques pratiquaient la pêche à la morue depuis 1454, les immenses forêts, la fertilité de son sol, incitèrent les colons à s'y établir, tout de suite après les explorateurs.
Dans ce pays neuf, du moins au début, les colons ne trouvèrent comme habitants que des tributs d'Indiens, les Micmacs, les Malécites et les Abénaquis ; de suite les Français s'entendirent très bien avec nombre d'entr'eux. Ensemble, ils faisaient un certain commerce et troquaient les peaux et les fourrures que leur apportaient les indigènes contre des objets de première nécessité et des vivres ; ils vivaient en bonne intelligence ; les prêtres arrivèrent à les convertir. N'oublions pas qu'à ce moment la propagation de la foi était un des buts et l'une des excuses du colonialisme.
Mais ce n'était pas le seul but, dans ce pays neuf les cultures poussaient à vue d'oeil, dès que la neige avait quitté la terre, le blé et les autres céréales, amenés de France, devenaient vite superbes, c'était un plaisir de voir croître les récoltes.
La pêche était très fructueuse, en raison du grand nombre de saumons, de morues et de homards ; on y trouvait aussi des baleines en assez grande quantité.
Enfin avec les immenses forêts, on avait le bois à pied d'oeuvre, pour la construction des maisons, des bateaux et des meubles ; ce bois servait aussi pour l'édification des digues, pour lesquelles les Acadiens avaient acquis une grande maîtrise.
La vie des colons était de plein air et de saine fatigue : culture, pêche, chasse. Il ne fallait pas de paresseux. Mais cette vie active était faite - comme toutes les entreprises coloniales - pour séduire la forte jeunesse de France.
Il était peu question d'argent en Acadie.
Ceux qui se disposaient à la pêche, construisaient les bâteaux en série, tous y participaient. Tous ces charpentiers de marine devenaient marins et pêcheurs. Ils faisaient des pêches fructueuses montrant leur esprit d'adaptation.
La chasse était aussi une grande ressource ainsi que le commerce des fourrures.
Ces procédés de la vie féodale réussissaient beaucoup mieux que le travail spécialisé inauguré par les Anglais.
La vie de famille était joyeuse. La plupart des colons étaient parents ou amis. On se voyait beaucoup entre voisins. Les soirées se passaient devant l'âtre, on parlait du passé, du présent et des espoirs futurs. De bonnes vieilles chansons autour d'une table bien garnie, l'humeur était joviale et tous gardiaent cette traditionnelle gaîté française.
Parfois, on invitait des Indiens, on les fait danser et chanter.
Cette vie dure mais saine, avec des travailleurs décidés et vigoureux, plaisait à la jeunesse.