7 - Les Modes de la Navigation.

Comme pour les grades, nous commencerons , comme beaucoup d'Acadiens, par le mode de navigation le plus simple pour finir par le plus complexe.

a - La navigation intérieure.

C'est la navigation qui se pratique sur nos fleuves et rivières. Au 17e siècle, elle était importante n'étant concurrencée que par la traction animale. Les Acadiens utiliseront des gabares pour aller de Nantes à Chatellerault. Ces mêmes embarcations transportaient les marchandises déchargées dans les ports vers les grandes villes. De petites embarcations pêchaient en rivière.
Ce mode de navigation n'étant pas astreint aux mêmes formalités que le trafic maritime, je n'ai retrouvé,de ce fait, qu'un ou deux acadiens s'y livrant. (Thomas Benigne Hubert)

b - La navigation Cotière.

Elle comprend principalement :
- L'armement à la pêche du poisson frais. Jean-Baptiste Poirier sera l'Acadien le plus représentatif de cette activité. Elle se pratique sur de petits bateaux, le plus souvent non pontés. L'équipage est composé de quelques individus qui partent le temps d'une marée.

- La plupart des Acadiens pratiquant la navigation côtière feront du cabotage. C'est-à-dire qu'ils transporteront, à l'aide de petites embarcations, des marchandises d'un port à un autre. Le sel au Croisic et au Pouliguen, le charbon de terre à Montoir, le vin à Bordeaux, le plâtre et le bois de construction à Rouen serviront de frêt à de petits artisans, les caboteurs. Les frères Coste, Joseph-Marie au Croisic, Laurent à Montoir et Jean et Xavier au Pouliguen seront maîtres du bateau dont ils possèdent la majorité des parts. Ils emploieront des matelots, novices et mousses, souvent acadiens comme eux. L'équipage est réduit, en moyenne, il est de six hommes, l'ambiance est familiale.
La durée du voyage varie en fonction du temps, lorsque la mer est trop forte ou, au contraire, qu'il n'y a pas de vent, il faut faire relâche.
- Il y a aussi quelques armements au bornage ou de pilotage (Petite Joséphine, Phelipot Léandre, Phelipot Adolphe)

c - La navigation Hauturière :

Elle comprend le grand cabotage, la course sur les ennemis de l'état, la pêche de la morue, la pêche des cétacés et le long cours. Les navires sont de plus gros tonnages, les équipages plus importants et les voyages plus longs. Dans le grand cabotage, il n'y a pas d'ocean à traverser, mais parfois des mers.
- La pêche de la morue fut l'activité la plus répandue dans la région nantaise au 17e siècle. L'Acadie se trouvait dans une région où la morue abondait, les Acadiens étaient formés à la pêche de ce poisson dès leur plus tendre enfance et ils étaient habitués au froid. C'est pourquoi nous retrevons des Acadiens exerçant toutes les fonctions, de capiaines (Joseph Benoni et Etienne Prosper Chiasson, Théodore Sire etc...), à mousses.
- Certains préfèreront les mers chaudes et la pêche de la baleine ou du cachalot (François Xavier, Joseph Bélonie ou Simon Coste).
- Est-ce le désir de vengeance ou l'appât du gain qui poussa certains à devenir corsaires. Firmin Aucoin, Pierre Morpain, Joseph Sébastien Pradère-Niquet furent de grands capitianes corsaires, beaucoup d'autres furent marins sur des navires faisant la course sur les ennemis de l'Etat.

Mais le plus grand nombre d'Acadiens furent marins au long-cours, soit directment, soit après un apprentissage "au cabotage".

Après la perte de l'Acadie, l'armement à la pêche de la morue sur les côtes de l'Amérique septentrionale a fortement décliné. Les négociants et armateurs nantais se sont tournés vers les iles d'Amérique, soit en droiture, c'est-à-dire sans escale entre la France et les Antilles, soit sous la forme du commerce triangulaire qui consistait à transporter de la marchandises sur les cotes d'Afrique (armes déclassées de l'armée française ou pacotilles destinées à servir de monnaies d'échange contre des noirs des deux sexes, adultes ou enfants), puis de transporter ces esclaves aux Antilles pour les échanger contre du sucre, du tabac, du cacao ou du café. Ces marchandises étant très demandées en Europe.

Puis, la traite des esclaves interdite, sera remplacée par le transport des passagers. Des trois-mâts puis des paquebots assureront des lignes régulières entre la France, la Guyane, La Martinique, Les Iles Bourbon et Maurice. Théodore Jean-Baptiste Sire sera le Capitaine de La Sémillante, ce célèbre trois-mâts nantais, assurant la liaison entre la France et les iles Maurice et Bourbon. Jean-Benoni Chiasson reliera Nantes à Cayenne.

Qu'ils soient marins au cabotage, à la course. Qu'ils naviguent sur des bateaux de commerce ou sur des vaisseaux de la Royale, beaucoup d'Acadiens furent faits prisonniers et envoyés dans les prisons anglaises. La paix revenue, embarqués au long cours, beaucoup furent victimes des maladies tropicales, venant d'un pays froid donc peu aseptisés, ils étaient en effet plus vulnérables.

Arrivés en Acadie par bateaux, ce sont des navires qui seront utilisés lors de leur expulsion vers les colonies anglaises. Ce sont d'autres bâtiments qui les ramenèrent en Métropole. Une grande partie d'entr'eux quittera définitivement la mère patrie lors d'une grande expédition maritime vers la Louisiane.... Tous ces évènements contribuèrent à faire des Acadiens des Citoyens de l'Océan, des Piétons de l'Atlantique.

RETOUR
Les Matricules
Inscription Maritime
Modes Navigation
Armateurs
SUITE