La
vie des familles de marins
(Recueil
Anastasie Coste - Page 22).
J'abuse dé toi mon cher
fils en revenant sur ces détails qui me sont particuliers, et je ne t'ai
presque rien dit de ton grand-père Joseph Coste, que tu n'as pas connu,
et qui t'aurait tant aimé.
Il était marin tu le sais,
et chacune de ses absences laissait une grande tristesse. Quand le vent
soufflait bien fort, que la mer était grosse et méchante, que venait la
tempête, tu ne saurais croire, ce que ce grand vent, cette grosse mer,
et cette tempête me faisaient penser et souffrir. Aussi par compensation,
comme j'étais heureuse du retour dé ce bon père, et combien j'en
remerciais Dieu.
Il aimait à
nous rapporter quelque chose de ses voyages, et selon l'âge que nous avions,
nous recevions sucre de pomme où jouets pour les plus petits, et choses
utiles et bien choisie pour les plus grands d'entre nous. C'était vraiment
un jour dé fête que celui de sa bonne arrivée et les dangers passés ne
semblaient plus que songes une fois qu'on l'avait embrassé. Ton oncle
Emile étaient au lycée dé Nantes, ses goûts ne semblaient ni grecs, ni
latins, il parlait d'être marin et choisit cet aventureux état. Après
avoir fait quelques voyages au long cours, il se fait recevoir capitaine.
Quelques membres de notre famille étant retournés habiter Saint-Pierre,
il s'embarqua à cette destination sur un navire dé l'état pour y faire
son service. Il fut bien reçu chez Monsieur Coste, négociant armateur,
dans cette île de Terre-Neuve. Madame Coste, pendant le séjour de
ton oncle Emile, eut une petite fille, dont il a été le parrain. Cette
filleule devenue grande, s'est marée à Monsieur Cossé, capitaine
de frégate. Elle a deux enfants et habite Brest en ce moment. Son mari,
nommé Commandant de Marine à Cayenne, est parti pour cette destination
de Saint-Nazaire le 7 février 1877 sur le paquebot transatlantique en
compagnie de monsieur Dossat et monsieur Hérard, oncle de £éon.
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